Remaniement : le sort d’Édouard Philippe à Matignon est-il scellé ?

Édouard Philippe

Une victoire à laquelle se raccroche La République En Marche ? Édouard Philippe a été réélu maire du Havre, dimanche 28 juin. Alors que les sondages prédisaient au premier ministre une courte victoire, le chef du gouvernement peut se targuer d’avoir obtenu près de 59% des voix, face à son rival PCF Jean-Paul Lecoq.

Une victoire franche qui tranche avec l’incertitude de l’avenir d’Édouard Philippe à Matignon. Une défaite d’Édouard Philippe aurait scellé son sort à Matignon. Emmanuel Macron l’a félicité pour sa « belle victoire » et les deux têtes de l’exécutif se verront « un petit moment en tête-à-tête » ce lundi. Fort de son succès, le premier ministre pourrait-il être conforté dans son poste alors que se profile un important remaniement gouvernemental ? Ou bien pâtir d’un hypothétique virage écologiste au sommet ?

Officiellement, « ce score ne change rien », confie un proche d’Emmanuel Macron. Autrement dit, Édouard Philippe est toujours sur un siège éjectable. « La décision appartient au chef de l’État », explique un proche du premier ministre qui ajoute qu’il ne fera jamais pression pour rester.

Une victoire qui change la donne pour Matignon ?
Pourtant, depuis une quinzaine de jours, le premier ministre a mené une toute autre campagne, en plus de celle conduite dans les rues du Havre. Le premier ministre multiplie les interviews pour dire qu’il ne restera pas à Matignon à n’importe quelle condition. Avec à la clé une flèche décochée en direction d’Emmanuel Macron : « Le président sait ce que je peux faire et ce que je ne peux pas faire ».

Une mise en garde qui intervient au moment où le chef du gouvernement connaît une popularité inédite. Selon un sondage Harris Interactive pour RTL, 55% des Français souhaitent son maintien à la tête du gouvernement. « Je ne crois pas du tout à l’argument de la popularité. Le côté gestionnaire de Philippe, qui était une qualité pendant la crise de la Covid-19, sera perçu comme un défaut d’ici peu », estime un ministre dans Le Point.

Un conseiller souligne dans l’hebdomadaire qu »‘Emmanuel Macron a été banquier d’affaires : il sait qu’il faut vendre au plus haut et acheter au plus bas ! Pour cette raison, je ne le vois pas garder Édouard Philippe ». Mais les pro-Philippe eux mettent en avant le côté « indéboulonnable » du premier ministre.

Édouard Philippe, première victime de la vague verte aux municipales ?
Malgré une victoire aux municipales, ce scrutin pourrait sonner la fin de l’ère Philippe à Matignon. Le triomphe des écologistes change la donne. « Le résultat rend les choses plus simples pour sortir le premier ministre », estime un habitué de l’Élysée dans Le Point. Faiblesse du chef du gouvernement, Édouard Philippe n’est pas identifié comme étant « écolo-compatible ». Mais cela ne l’a pas empêché de glisser, dans la foulée des résultats aux municipales, sa volonté de faire du Havre, une ville « plus verte ».

Autre point de crispation qui joue contre Édouard Philippe : l’ancien membre des Républicains a toujours refusé de prendre sa carte à La République En Marche, contrairement à Gérald Darmanin et Bruno Le Maire. Dans l’esprit du président de la République, la balance n’a pas encore penché d’un côté ou de l’autre. « Emmanuel Macron réfléchit beaucoup, consulte beaucoup, mais sa copie n’est pas encore prête », confie un familier du président à Franceinfo.

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